-->

Ubisoft reporte "Watch Dogs" et "The Crew", deux jeux phares

Le chiffre d'affaires de l'exercice en cours sera inférieur de 30 % aux prévisions, soit 400 millions d'euros de manque à gagner. L'éditeur basculera dans le rouge.


Watch Dogs est en développement depuis près de quatre ans. - Ubisoft



Une véritable douche froide. L'éditeur français de jeux vidéo a annoncé mardi soir le report de près de six mois de la sortie de son jeu le plus attendu de la fin de l'année, ' Watch Dogs '. Un autre jeu a été décalé, à l'été cette fois : ' The Crew ', dont la sortie était initialement prévue au printemps prochain. Compte tenu du poids attendu de ces deux jeux dans son compte de résultats, le chiffre d'affaires de l'éditeur pour l'exercice clos en mars 2014 sera inférieur de 30 % à ses prévisions initiales . Il s'établira dans une fourchette comprise entre 995 millions et 1,045 milliard d'euros, contre 1,420 à 1,450 milliard initialement prévu. Conséquence directe de ce manque à gagner de 400 millions d'euros, Ubisoft basculera dans le rouge. En Bourse, la pilule promet d'être dure à avaler mercredi .


Prévu pour sortir en même temps que les consoles de nouvelle génération, la Xbox One de Microsoft et la PlayStation4 de Sony , ' Watch Dogs ' n'était tout simplement pas prêt. ' Le jeu est déjà très bien, mais il peut devenir vraiment excellent. Cela demande quelques mois de plus ', déclare aux ' Echos ' Yves Guillemot, le PDG d'Ubisoft. La décision a été prise en fin de semaine dernière, un peu plus d'un mois seulement avant la sortie prévue. Une décision tardive qui ne manquera pas d'entretenir les craintes sur la capacité de l'éditeur à respecter son calendrier pour des jeux annoncés de longue date. Watch Dogs était en développement depuis près de quatre ans et a été présenté en grande pompe au cours de salons professionnels, comme l'E3 de Los Angeles, pour susciter le désir des joueurs et de l'ensemble de la communauté du ' gaming '.


Protéger sa crédibilité

Vu les enjeux industriels liés au lancement des consoles de nouvelle génération, qui trôneront dans les salons des joueurs pendant les dix prochaines années, le premier éditeur français de jeux vidéo a préféré faire de l'exercice en cours une année blanche. Plutôt essuyer les foudres de la Bourse que la colère des joueurs en sortant un jeu d'une qualité inférieure aux attentes. Pas question pour Ubisoft de prendre le risque de tuer une nouvelle licence prometteuse, compte tenu du pouvoir de prescription (ou de nuisance) des premiers joueurs et des sites Internet spécialisés dans les notation de jeux. L'éditeur joue sa crédibilité auprès des joueurs, et donc son chiffre d'affaires à long terme.


Doté d'un budget de développement compris entre 60 et 70 millions d'euros et développé par 600 salariés, principalement basés à Montréal, Watch Dogs est destiné à devenir l'une des principales licences d'Ubisoft, aux côtés d'Assassin's Creed ou de Far Cry. La durée de vie de la licence étant particulièrement longue - pour mémoire, sorti en 2007, Assassin's Creed a été développé à partir de 2004 et le quatrième épisode sortira à la fin de l'année, Ubisoft espérant en vendre au moins 10 millions d'exemplaires - il n'était pas question pour le groupe basé à Montreuil de rater ce lancement. ' Notre objectif est d'être les meilleurs sur les consoles de nouvelle génération, de prendre beaucoup de parts de marché. Avec les marques que l'on a, comme Assassin's Creed ou Watch Dogs, nous pouvons bien nous installer sur ces consoles. Donc nous prenons le temps qu'il faut pour sortir un jeu exceptionnel. C'est une décision qui nous coûte cette année, mais qui va nous permettre, dans les années qui viennent, d'avoir une bonne stabilité et une bonne croissance que nous n'aurons pas cette année, même si le choc sera important ', ajoute Yves Guillemot.


Parallèlement à cette mauvaise nouvelle, Ubisoft a tenu rassurer : le groupe prévoit un résultat opérationnel de 150 millions pour son exercice clos en mars 2015, et de 200 millions l'année suivante, des niveaux qu'il n'a jamais atteints. Reste à savoir si les investisseurs lui garderont leur confiance après une telle mésaventure.


LihatTutupKomentar